Astuces pour écrire un livre (et se faire publier)

 Ces dernières semaines ont été intenses en raison de plusieurs projets de livres à accompagner. Les miens – mais cette partie est en continu et quotidienne, longue et en parallèle à mon activité – mais aussi ceux de mes clientes. Au programme en 2018 : un agenda, un roman, un essai, une biographie. Des thèmes variés et passionnants autour du sport, de la connaissance de soi, des femmes, ou encore du monde du travail. Mais il est encore tôt pour vous dévoiler le résultat. Et croyez-moi, je ronge mes freins ! En attendant, voici un coup de projecteur sur les démarches à suivre pour mettre toutes les chances de votre côté pour voir votre livre sortir de vos tiroirs.

« L’écriture ne m’a jamais quittée. » Marguerite Duras

J’ai l’idée d’un livre mais il n’est pas encore écrit

Qu’à cela ne tienne. Il va falloir vous astreindre à dégager un peu de temps chaque jour pour mettre noir sur blanc vos idées. Si c’est un roman, mettez au placard vos préjugés sur l’écrivain qui a besoin de journées entières pour mettre au monde son œuvre. Vingt minutes à une heure par jour peuvent suffire pour faire un premier pas, puis deux, puis trois. Jusqu’à vous apercevoir qu’en un mois, la matière grossit, prend forme et s’organise. Vous verrez, c’est très vite jubilatoire. Vous ne savez pas par où commencer ? Filez dans votre librairie préférée et sélectionnez deux ou trois livres que vous auriez rêvé d’écrire. Ils seront un repère pour écrire le vôtre. Mais seulement un repère. Observez la structure, le ton, le volume etc. Et tirez-en vos propres conclusions. Ensuite, fixez-vous un premier objectif : l’écriture du premier chapitre. Allez, allez, n’attendez pas. A la fin de cet article, à vous de vous y mettre. Vingt ou trente minutes ! Et demain également. Et tous les jours suivants.

Sur terre, seule l’écriture permet de tendre vers le tout de son vivant.” François Cheng

J’ai écrit des pages et des pages. Et ensuite ?

Déjà, célébrez le fait d’avoir réussi à coucher sur papier ce que vous aviez en tête. Dansez, allez crier dans la forêt, ou de façon moins sauvage, allez boire un verre avec quelqu’un qui vous est cher. Si, si, c’est important pour ne pas passer outre ce premier exploit et bien l’ancrer en vous. Pour la suite, c’est fondamental. Maintenant, il est venu le temps de montrer tout ça. Etape souvent difficile : celle d’oser dévoiler un autre visage de soi, cette fois plus intime, plus subtil. Choisissez deux ou trois personnes à qui vous pouvez faire confiance (petit conseil : évitez les personnes qui vous sont les plus proches, elles ne sont pas les mieux placées pour vous faire un feedback. Aussi aimantes soient-elles, c’est comme ça, ne cherchez pas à comprendre et ne perdez pas de temps). Des amis bienveillants mais non complaisants, qui aiment lire, ont une bonne culture générale et que vous n’avez pas peur d’étonner. Qui seront francs, curieux et impatients de vous lire tout en étant diplomates. Ils ne courent pas les rues mais vous devriez en trouver dans votre cercle plus ou moins restreint. Donnez-leur, pourquoi pas, une fiche de lecture, avec les retours que vous attendez, fixez un agenda en leur laissant par exemple un mois pour vous faire un retour. Et accueillez les réponses avec gratitude, même les plus dures à encaisser. Grâce à elles, vous allez vous améliorer. Et ne prenez pas comme argent comptant tout ce qu’ils vous disent. N’oubliez pas que chacun a sa propre subjectivité. Mais par contre, si les mêmes remarques reviennent, c’est un bon indicateur du travail à améliorer.

“L’écriture c’est forcément une prise de risque, une mise en danger.” Philippe Besson

Maya Angelou

Le premier chapitre est écrit. Vous savez où vous voulez aller

Vous avez fait relire les premières pages, avez corrigé les dernières coquilles, lu et relu le début de votre manuscrit. C’est bon. Vous êtes prêt pour écrire un synopsis, le graal pour toucher un éditeur. Qui dit synopsis dit une à deux pages de résumé de votre livre. Il n’est pas question là de style, mais juste d’un bon pitch susceptible de séduire un responsable éditorial. Une introduction qui explique le contexte et l’objectif de votre livre, un résumé de chaque chapitre et une petite biographie de vous suffiront pour donner une bonne idée de ce que vous souhaitez défendre. Là encore, n’hésitez pas à vous faire relire. Prenez le temps. Rien ne presse. Surtout pas dans le monde de l’édition. Car une fois que votre synopsis est envoyé aux personnes que vous avez identifiées, le retour peut prendre … des mois.

Un détour par ma propre expérience

Tout ce que je viens d’écrire plus haut, je l’ai bien évidemment expérimenté (notamment avec le livre #Wonder Sport Women). Et croyez-moi, c’est une sacrée école de la vie et un excellent moyen de se découvrir… et de se dépasser.  Il y a deux ans, j’écrivais une centaine de pages d’un roman cette fois qui s’est imposé à moi. Je l’ai écrit une première fois, ai recueilli les retours d’amis, ai réécrit quelques passages, retravaillé mes personnages. Mais alors que  j’aurais pu me décourager, rien n’y faisait. Une force me poussait à poursuivre, une intuition me disait de continuer et de persévérer. C’est vrai qu’avec le temps j’ai appris à écouter mon radar intérieur… Bref, j’ai laissé le tout dans un coin quelques semaines, histoire de prendre du recul. Puis j’ai senti le besoin de retravailler encore le tout. Ce qui m’a pris quelques mois. Je me levais à 6h du matin tous les jours, voire un peu avant parfois. Je laissais l’inspiration faire son travail, me traverser. C’était un lâcher prise nouveau pour moi, et une période assez exaltante (malgré la fatigue, je dois bien l’avouer). Puis j’ai écrit la suite, en me disant que ce serait le tome 2. Je ne pouvais me résoudre à quitter mes personnages. Il fallait que je les emmène plus loin. Que je revive cette vie palpitante de l’auteure embarquée dans la grande aventure de son monde imaginaire. Et de fil en aiguille, j’ai rencontré les bonnes personnes au bon moment. Mon manuscrit et mon synopsis ont voyagé de mains en mains. Il a fallu que je travaille ma patience (je n’en ai pas du tout mais maintenant un peu plus…). Jusqu’à ce que l’éditeur qui édite mes livres de prédilection me dise qu’il était intéressé. J’ai eu du mal à y croire. Encore aujourd’hui, c’est de l’ordre pour moi du miracle (et de beaucoup de travail aussi !). Mais une fois qu’un éditeur se montre intéressé, c’est là que tout commence …

Dans quelques semaines, je vous en dirai plus sur ce livre bientôt édité ! (je sais c’est un peu du teasing mais je ne peux brûler les étapes. C’est ce que vous apprendrez à faire vous aussi bien assez tôt).

En attendant, mettez déjà en œuvre les quelques préceptes que je vous ai livrés. Et on en reparle si vous avez des blocages !