Du mouvement et des mots

Du mouvement et des mots, quel rapport ? Pour moi c’est l’essence même de mon quotidien, le fil rouge de ma vie. Du mouvement pour me sentir vivante, des mots pour exprimer les messages qui partent du corps avant d’arriver dans ma tête, en étant passés par le cœur. Si j’ai bien aujourd’hui une chose que j’aimerais transmettre, c’est ce bien-être disponible et à portée de main simplement, alors que la société voudrait nous faire croire l’inverse. Je m’explique.

Du sport ou du mouvement ?
Le sport, c’est bien sûr un de mes moteurs, sans être pour autant une sportive de haut niveau ni une athlète. Mais le mot peut pourtant faire peur ou être culpabilisant. Des études sortent et annoncent qu’en dessous de quarante minutes, il n’y a pas d’effet positif à fairedu sport, quand ce ne sont pas d’autres papiers qui préconisent ceci ou cela pour remettre les européens à la pratique sportive. Et j’en sais quelque chose, en tant que membre fondatrice du think tank Sport et Citoyenneté. Mais je suis un peu exaspérée par ces articles, qui, à l’instar des régimes, encouragent à faire du sport deux ou trois fois par semaine quand ce n’est pas dix ou vingt minutes/jour. Et si on parlait plutôt de mouvement, cet état naturel et intrinsèque à l’humain dont on s’éloigne avec le fléau de la sédentarité ? N’est-il pas plus moteur d’évoquer ce mot pour inciter les gens à bouger ? Marcher dans la nature, monter des marches plutôt que prendre l’ascenseur, faire quelques salutations au soleil dans la journée, courir quand bon nous semble, voire même voyager. Tout est mouvement, tout n’est pas sport. N’est-ce pas là le secret pour que tout le monde soit de nouveau actif, sans le « il faut que j’aille dans une salle de sport », ou « je dois faire trois fois du sport cette semaine si je veux garder une bonne espérance de vie » etc. A commencer par les plus jeunes ? N’est-ce pas la solution pour accepter les évolutions de la société 2.0 ? Oui aujourd’hui tout n’est pas numérique mais presque (et j’adore ça !). Et on peut très bien vivre avec plutôt que de s’exaspérer à voir le mal dans la culture du virtuel et des écrans. A condition de le lier … au mouvement.

Des mots qui sortent grâce au mouvement
Quand on aborde le sport de cette façon, ça change tout, non ? Pour parler un peu de moi, j’ai même quitté un métier pourtant en apparence parfait qui m’obligeait à rester assise toute la journée, pour incarner mes valeurs les plus profondes. Aujourd’hui, à mon compte, je peux rythmer mes journées par des coupures salvatrices. J’ai mon tapis de yoga à portée de main, quand ce ne sont pas mes baskets pour aller courir trente ou quarante minutes. Oui en pleine journée. Choquant ? Pas le moins du monde pour moi. Juste naturel. Et dans quelques temps, j’investirai peut-être (même sûrement) dans un bureau assis-debout qui permet de varier les postures. C’est déjà un choix d’investissement pour beaucoup d’entreprises aux Etats-Unis. Cela le deviendra sûrement en France dans quelques temps. En attendant, prenons les devants !

couvertureA vos baskets toutes !
C’est justement le titre du dernier ouvrage excellent de la journaliste Fabienne Broucaret qui est parti faire un tour de France du sport au féminin (parution officielle aujourd’hui aux Editions Michalon). Sportives de haut niveau mais aussi sportives du dimanche, des dizaines de femmes de tous âges témoignent (dont moi, trop cool !) de la façon dont elles se mettent en mouvement et de ce que ça leur apporte dans la vie. Comme vous l’avez compris, bien inspirée par le sujet, pour aller plus loin je me suis dit : « et si j’échangeais avec Fabienne sur son ouvrage, histoire de sentir oh combien je ne suis pas seule à penser que le sport, c’est la vie ». Elle m’a pris au mot ! Rendez-vous le samedi septembre à 16h à la librairie Richer et sa super équipe pour une conférence de l’auteure, animée par Anne Dubreuil, libraire de chez Richer, et moi-même. Pour associer mots et mouvement. Pourquoi ? Et pourquoi pas ?