Forger son monde avec le pouvoir des mots

Encore ce matin je suis passée devant un bureau de tabac où sont affichés les grands titres de la presse régionale. Et je me suis sentie légèrement agressée… Entre « la jeune fille retrouvée étranglée dans la rue » et « un handicapé poignardé dans son lit » – j’exagère à peine – c’est peu engageant pour démarrer la journée ! Il faut croire que si ça existe c’est qu’il y en a qui apprécient… Je me suis sentie comme venue d’une autre planète, non non, pas celle où tout est rose lavieestbelleet tout sent bon, mais celle où on pèse ses mots (du moins on essaie), où l’on croit que ce que l’on dit peut influencer la réalité, où les expressions qu’on dit sans réfléchir, comme « mon pauvre », « je suis morte de fatigue », « bon courage », « petit » en veux-tu en voilà à toutes les sauces, sont le plus possible bannies parce qu’elles n’honorent pas ce qui va bien, et qu’elles plombent plutôt l’ambiance…
Ces expressions, moi-même je les emploie parfois et j’en souris, mais chaque jour, je tente d’en prendre conscience pour porter un autre regard sur celles qui en disent long sur notre monde intérieur.

Je connais bien le travail de l’auteure du best-seller J’arrête de râler, Christine Lewicki pour avoir travailler à plusieurs reprises avec elle. Et ce n’est pas un hasard si, justement, ce qu’elle revendique m’interpelle et me parle particulièrement, et à croire le succès de ses ouvrages je ne suis pas la seule. Elle a su mettre le doigt là où, nous, français, excellons : la râlerie. Loin d’être une approche simpliste, sa méthode décortique un état d’esprit bien ancré en nous, reproduit sûrement depuis plusieurs générations parce qu’on ne savait pas faire autrement (loin de moi l’idée de mea culpa) : exister par la plainte, bavasser autour de ce qui va mal ou ne tourne pas parfaitement, porter son attention sur tous les trains qui n’arrivent pas à l’heure (mais il y en a tant qui arrivent à l’heure.. même si je me suis vue énervée comme jamais récemment auprès d’un contrôleur après trois heures de retard annoncés entre deux correspondances, mais bon, c’est un exemple!..). Bref, depuis quelques temps j’ai pris un peu plus conscience du pouvoir de mon langage courant (ce que prône d’ailleurs la psychologie positive)? Pour m’atteler à ce sujet, je peux témoigner que, sans aucune pression (la vie nous en met bien suffisamment pour en rajouter), en m’amusant à changer mon vocabulaire, aussi étonnant que cela puisse paraître, mes pensées ont changé elles aussi petit à petit. Je me suis surprise à moins voir ce qui clochait et à m’émerveiller un peu plus de choses qui paraissaient banales avant. Et j’y ai pris goût!

J’avoue que c’est quand même plus reposant d’alléger son vocabulaire de tous ces mots qui pèsent lourd une fois prononcés, comme s’ils s’envolaient de notre bouche et tournaient ensuite autour de nos têtes pour nous narguer comme un moustique vicieux.

Alors demain quand je découvrirai les grands titres des quotidiens, je détournerai la tête pour porter mon regard vers d’autres images qui me semblent plus intéressantes, sans cynisme, en me rappelant la phrase de Patrick le Lay, ancien pdg de TF1, qui annonçait en 2004 le temps de cerveau humain disponible. Et bien pour ma part, ce temps là, je veux le remplir de ce que je veux : de mots en couleurs 🙂

Dans la même idée, je vous recommande vivement cette vidéo si vous ne l’avez pas encore vue sur Facebook : Change your word, change your world

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