J’ai testé un Mastermind

Et non le Mastermind n’est pas le jeu aux pions de différentes couleurs mais plutôt l’appellation d’un groupe. Apparu aux Etats-Unis il y a déjà pas mal de temps, le concept est de plus en plus apprécié en France. On en devient membre pour capitaliser sur sa croissance personnelle grâce à l’appui d’un collectif, réuni régulièrement pour échanger, faire des feedbacks sur son activité professionnelle. Alors qu’il fait partie du langage courant dans le domaine du coaching, je m’aperçois qu’il est moins connu dans d’autres sphères. Retour d’expérience.

Une alternative aux réseaux professionnels

Hier soir, nous étions quatre femmes réunies sur Skype. Mais il y a un mois nous étions huit. Qui peut vient en fonction de son agenda. Ce petit rituel, nous l’avons instauré dans un cadre bien défini, il y a six mois, à l’initiative d’une coach qui a le rôle d’animer le groupe pour un temps indéterminé. Chacune a la liberté de le quitter quand elle le souhaite bien sûr. Rien de sectaire dans tout ça. Amis sceptiques, rassurez-vous! L’approche est saine et plutôt positive. Pourquoi ? Parce que tous les membres se réunissent avec un objectif commun : affiner ses messages, son pitch, apporter de la cohérence dans toutes les missions et opportunités qui se présentent dans la vie d’un entrepreneur, exprimer ses doutes, ses succès, ses prises de conscience. En passant un bon moment! De séance en séance (chacune dure deux heures environ), le groupe vit au rythme des succès des uns et des autres, des projets reportés, annulés, revus… Et avec le temps, les membres, tous bienveillants et authentiques (ce sont deux conditions intrinsèques à un groupe Mastermind) deviennent des partenaires, des compagnons de route sur notre voie professionnelle et même au-delà. Entre les réunions virtuelles, on s’appelle, on se croise à Paris éventuellement et la vraie vie reprend ses droits naturellement. Sans pour autant mettre des lunettes roses, j’avoue que ce système est plutôt intéressant pour trois raisons principales :

  • Chacun veut le succès de l’autre. Exit les tensions et jalousies, on part du principe qu’il y a de la place pour tout le monde
  • Les membres ont une démarche affirmée : ils paient pour venir à chaque séance (cela marcherait-il autant si c’était gratuit ? Beaucoup sont convaincus que non…) donc ils veulent des résultats, en tout cas des clés pour dénouer les problématiques diverses et variées mais toujours précises (ex. comment puis-je proposer des produits qui soient en phase avec ma mailing list, comment puis-je me définir quand je me présente avec mes différentes casquettes, ou encore ai-je vraiment besoin d’un site web pour me faire connaître)
  • Last but not least, une coach est là pour limiter les temps de paroles (certains peuvent être très bavards, cela va sans dire), répondre aux questions en allant droit au but grâce à son expérience, cadrer la séance à l’aide d’une feuille de route (chacun peut poser une ou deux questions uniquement pour répartir les temps de parole, est invité à exprimer un défi pour la prochaine séance etc).

Est-ce que je vais continuer ?

C’est à mon avis la question que se pose chaque membre au fil des mois. Il faut quand même compter environ 100 euros pour rejoindre un des Mastermind les moins chers (d’autres paient des fortunes pour rejoindre des groupes composés de personnes reconnues dans le monde des affaires, dans les médias etc)… Au bout de cinq séances, on a dépensé min. 500 euros. Chacun jugera si c’est peu ou beaucoup trop. Tout dépend ce qu’on en retire. Pour ma part, je ne pensais pas poursuivre. Et pourtant, je rejoins le groupe à chaque fois, retirant tous les bienfaits de ces échanges que je n’ai pas dans un autre contexte (même si je rencontre évidemment beaucoup de personnes chaque semaine). Certes virtuels, ils sont formateurs, parce que le rythme est dense, la parole est libre, la volonté de réussir sans compétition mais grâce aux autres est de mise. Est-ce qu’ils remplacent des réseaux où on se voit autour d’un petit-déjeuner toutes les semaines ou tous les mois, ou lors d’un apéro de networking ? Je ne le pense pas. L’approche est complémentaire, c’est aussi simple que ça. Après, reste à choisir les réseaux adaptés à sa profession. Et là, c’est une autre question… En six mois, j’ai reçu beaucoup tout comme j’ai donné (ça fait partie du jeu gagnant-gagnant). J’ai choisi un petit groupe (mais certains sont parfois composés de plus de 25 membres) pour le côté plus convivial et pour être sûre d’avoir le temps à chaque fois de voir mes questions être abordées. Riche des enseignements de ce groupe et de la coach, je peux désormais me concentrer cet été sur mes projets qui ont gagné en clarté. Et les idées fleurissent en cette fin d’année. Pourquoi pas bientôt un Mastermind “Mes Mots en Couleurs”…