La créativité, les mots, la magie

IMG_1819“Comme par magie, vivre sa créativité sans la craindre” ou encore #Bigmagic est le dernier livre d’Elizabeth Gilbert , l’auteure du célèbre “Mange, prie, aime”. Vendu à plus de 12 millions d’exemplaires avant d’être adapté au cinéma avec Julia Roberts, il a inspiré pas mal de gens sur cette planète, moi la première.

Aujourd’hui, #Bigmagic rejoint ma bibliothèque aux côtés de “The Artist Way” de Julia Cameron, une bible pour les artistes (j’y reviendrai dans un autre billet).

Dans le genre “je partage mon authenticité sans concession”, l’auteure Elizabeth Gilbert décortique le processus créatif à la manière d’une amie qui nous parlerait de son expérience (je sais, son style peut exaspérer parfois mais pour ma part il ne me dérange pas). Je l’ai lu d’un trait. Et pour mieux le digérer, voici ce que j’en ai retenu.

Liz Gilbert, comme elle se fait appeler, est fantasque, déterminée, passionnée, généreuse et surtout artiste dans tous les pores de son corps. Pour la simple et bonne raison que cette fille ose être elle-même en toutes circonstances, parlant à la peur comme si c’était une vieille copine rabat-joie avec qui elle doit passer sa vie coûte que coûte ou encore dialoguant avec l’inspiration en l’attirant par de nombreux subterfuges. Et sa façon d’appréhender son art est à l’opposé de celle qu’affectionnent les artistes torturés, qui aiment la souffrance, parce que c’est d’après eux leur unique source d’inspiration. Ici, rien de tout ça, bien au contraire! Place à la joie de créer, au plaisir de déballer sa vérité. Et pour reprendre un citation d’un écrivain qui porte le nom même nom qu’elle (sans aucune filiation), Jack Gilbert  : “Nous devons avoir l’obstination d’accepter notre joie dans l’impitoyable fournaise de ce monde. (… ) Avez-vous le courage? Avez-vous le courage de donner jour à cette oeuvre? Les trésors qui sont cachés en vous espèrent que vous répondrez oui”. Ce à quoi ajoute plus loin Elizabeth Gilbert : “Nous n’avons tout simplement pas le temps de ne pas voir grand“. Modestes s’abstenir…

Mais qu’on se le dise, quand on créé, on n’en connaît jamais l’issue, cela fait partie du contrat que l’on signe avec la créativité. Ce qui implique un lâcher prise dans le résultat pour se concentrer uniquement sur le plaisir de créer, ce besoin inexpliqué de sortir quelque chose de ses mains, de sa tête, de ses tripes qui met dans un état extatique plus fort que les doutes et les angoisses. Ainsi on répond à un besoin intrinsèque de l’espèce humaine.

Les autres secrets qu’elle nous partage sont parfois évidents mais il est bon de se les rappeler : imiter avant d’innover et de trouver son propre style. Elle-même imita longtemps un de ses mentors, Charles Dickens. Quant à la frustration, “elle n’est pas une interruption du processus créatif, elle est le processus “. Le reste n’est que courage, discipline, enchantement, permission, persistance (c’est justement quand cela devient difficile que c’est intéressant), confiance. Aussi “faire semblant jusqu’à ce qu’à réussir pour de vrai “. Sans oublié de mettre de côté la perfection, “car le parfait n’est pas seulement l’ennemi du bien, c’est aussi l’ennemi du réaliste, du possible et de l’amusant “, et pour le dire autrement : “un roman assez bon écrit violemment tout de suite vaut mieux qu’un roman parfait méticuleusement jamais écrit “

Mais surtout, lisez ce livre pour les nombreuses anecdotes que je ne relaterai pas ici, comme la tartine de merde, celle de son ami Tom Waits ou encore de l’homme qui s’était déguisé en homard pour une soirée… médiévale. Vous passerez à coup sûr un bon moment.

Je retiendrai aussi de #Bigmagic cette approche peut-être saugrenue mais non moins magique à propos des idées. L’auteure en est convaincue, “Les idées sont mues par une unique pulsion : se révéler. Et le seul moyen pour une idée de se révéler dans notre monde, c’est de collaborer avec un être humain“. Pour permettre à l’idée de naître, il suffit de libérer de la place, au sens propre comme au sens figuré. Ensuite, tout consiste à tendre l’oreille, ouvrir l’oeil, humer l’air, rester ouvert et “avoir foi dans cette miraculeuse vérité : de nouvelles et merveilleuses idées cherchent tous les jours des collaborateurs humains “. Et pas besoin de diplômes pour ça! “Quelque soit votre âge, nous avons besoin que votre oeuvre vienne enrichir et transformer notre vie”.

Alors place à la libération artistique et à l’inattendu en jouant avec, car ne l’oublions jamais, créer n’est autre qu’un jeu avec la vie.

Quant au mot de la fin, le voici : “L’oeuvre veut être créée et elle veut l’être par vous”. C’est la voie la plus directe vers l’émerveillement. L’âme se nourrit ainsi et les aspects les plus sombres de soi se taisent alors…

3 réflexions au sujet de « La créativité, les mots, la magie »

  1. Ah, l’anecdote du homard… J’étais incapable de m’arrêter de rire pendant quelques minutes. J’ai hâte de lire l’article sur The artist way !
    Au passage, je découvre avec plaisir ce site, j’aime beaucoup cette esthétique très colorée et claire !

  2. Merci Camille pour votre commentaire et votre retour sur mon site. A bientôt pour le prochain article sur The Artist Way !

  3. « car le parfait n’est pas seulement l’ennemi du bien, c’est aussi l’ennemi du réaliste, du possible et de l’amusant ”

    Très belle citation. Je suis attirée par la magie de vos articles. J’ai regardé le commentaire précédent de Camille, et je suis d’avis sur sa remarque concernant l’esthétique de votre blog, magnifique!

    Merci pour votre partage.

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