Retour du Salon du Livre de Paris

Un Salon du Livre Porte de Versailles, c’est un tourbillon non stop, une grand-messe pour tous les acteurs du monde de l’édition. Soit plus de 3 000 auteurs et célébrités ce week-end du 16 et 17 mars 2019. Editions traditionnelles, auto-édition, blogueurs qui chroniques dans les allées, queues interminables pour parler deux minutes à une star, débats d’idées sur des sujets d’actualité… il y en avait pour tous les goûts. J’ai donc vécu mon premier salon en tant qu’auteure en dédicace (pour le Scarabée bleu, ed. Eyrolles) et j’avoue que l’expérience fut forte en émotions. Voici trois remarques que je retiens de ces deux jours d’immersion au coeur de l’événement. Pour tous ceux qui écrivent ou aspirent à se lancer :

  1. L’échange avec les lecteurs peut très vite devenir addictif : on entre en empathie avec eux, on parle de la vie, comme si le livre entre nous était un véhicule qui permettait de mettre des mots sur des ressentis, des sensations qui font écho en eux. Quant à l’échange aussi entre auteurs (parfois de maisons d’éditions différentes), lui aussi n’a pas de prix. De cette façon on apprend que tel ou tel salon ou festival est incontournable, que telle blogueuse a un pouvoir énorme et est reconnue par toute la profession, que parfois, une seule rencontre lors d’une dédicace peut engendrer l’effet papillon. Aussi, des envies de collaboration émergent souvent . Au détour de conversations qui semblent peut-être anodines, la vie d’auteur.e prend tout son sens.
  2. La proximité avec les équipes de la maison d’édition est unique. Sur le stand, les éditeurs, attachés de presse, responsables marketing passent, s’attardent, prennent le temps de mieux nous connaître, de nous donner des tuyaux (sur le fonctionnement de la presse et des médias par exemple). Cette bienveillance envers notre travail est un pur booster de créativité.
  3. La prise de conscience qu’un auteur est aussi un entrepreneur s’impose : Aimer écrire, c’est une chose (et la base bien sûr). Mais ce n’est plus suffisant en 2019. Désormais, écrivain rime avec community manager par exemple. Il se doit de dévoiler les coulisses de sa vie, interagir avec ses lecteurs et avec une grande régularité. Il doit construire une communauté, de quelque façon que ce soit. A lui de redoubler d’imagination, de tester, de tâtonner, quitte à se tromper. Devant l’immensité des possibles, il est amené à créer de la valeur, en plus de celle contenue déjà largement dans ses ouvrages. Une réalité vécue par certains comme épuisante. Effectivement, nous ne sommes pas tous en capacité de mettre de l’énergie dans autre chose que ce qui nous anime vraiment, à savoir inventer des histoires ou proposer une vision à travers un guide pratique ou un essai. Mais n’est-ce pas la rançon du succès ou l’astuce pour se démarquer?

Voilà un sujet de débat qui me semble dans l’air du temps et qui m’amène à m’interroger à mon tour sur ma propre communication. Et vous, qu’en pensez-vous?